Calcul du fret routier : règle payant pour

Transport routier de marchandises

Le calcul du fret net routier concerne souvent le préacheminement ou post-acheminement.

Dans le cadre de cette tarification routière, les transporteurs interviennent. En effet, ces derniers proposent en général des prix en fonction de :

– zone de départ et d’arrivée,

– distance à parcourir,

– masse de la marchandise et son volume.

Comme en maritime, nous notons trois étapes.

Je vous présente les 3 étapes du calcul du fret routier :

– La détermination de la masse de taxation;

– Le calcul du fret brut avec le tarif dégressif,

– Le calcul du fret net tenant compte de la règle du ‘’payant pour’’ comme en aérien.

Je vous explique le calcul de ce fret routier.

Sans attendre, je commence par le calcul de la masse de taxation.

1 – CALCUL DE LA MASSE DE TAXATION DU FRET ROUTIER

Plusieurs transporteurs routiers

Pour déterminer la masse de taxation, on prend en compte trois éléments : la masse réelle, fictive issue du volume et masse au mètre plancher linéaire.

1.1 La masse réelle

Concernant cette masse, l’opération d’envoi nous la fournit.

Evoquons maintenant la masse fictive.

1.2 La masse fictive

Dans ce cas, il s’agit de déterminer une masse fictive. On convertit dans ce cas le volume en kilogramme.

Pour exercer cette conversion, on s’appuie sur le principe de base suivant :

1 tonne = 3 m3.

Nous avons aussi, 1 m3 = 330 kg.

Ainsi, la masse minimum à considérer ne peut être inférieure au produit du nombre de m3 par 330 kg.

Poursuivons notre analyse avec la masse au mètre plancher linéaire.

1.3 La masse au mètre plancher linéaire

Dans ce cas, lorsque l’envoi occupe le véhicule sur une longueur déterminée, la masse taxable ne peut être inférieure au produit de cette longueur par 1 790 (rapport masse / mètre linéaire).

N.B. : le mètre plancher linéaire = 1 790 kg.

Je vous donne la source de cette information :

– ‘’Valeur du Guide Transporter 2020 de Classe Export’’,

– ‘’Management des opérations de commerce international’’, 6e édition, page 40.

Pour mieux appréhender ces théories ci-dessus, je vous offre un cas pratique.

1.4 Cas pratique de calcul du fret routier

Je vous donne l’énoncé de ce cas pratique.

Un exportateur envoie 20 palettes euros non gerbables avec une hauteur de 1,84 m.

Chaque palette pèse 165 kg. Ces palettes voyagent dans un véhicule articulé.

Déterminons les 3 masses en tenant compte de la théorie.

1.4.1 Calcul de la masse réelle

Pour y arriver, appliquons la formule suivante : masse réelle = nombre de palettes x masse unitaire.

L’application de la formule donne : masse réelle = 20 x 165 = 3 300 kg = 3,3 tonnes.

Après le calcul de la masse réelle, déterminons la masse fictive.

1.4.2 Calcul de la masse fictive

Déterminons d’abord le volume réel. Ensuite, convertissons le volume obtenu.

On sait que l’euro palette a une longueur de 1,2 m et une largeur de 0,8 m.

Le volume unitaire = longueur x largeur x hauteur = 1,2 m x 0,8 m x 1,84 m = 1,7664 m3

Le volume totale = 20 x 1,7664 = 35,328 m3

Or, 1 m3 = 330 kg. On a donc 35,328 x 330 = 11 658,24 kg = 11,65824 tonnes

Nous venons d’évaluer la masse fictive. Penchons-nous sur le cas de la masse au mètre plancher linéaire.

1.4.3 La masse au mètre plancher linéaire

Evaluons d’abord la longueur occupée par la marchandise.

Ainsi, je vous montre la formule correspondante : nombre de palettes x coefficient pour les palettes euros (0,4).

Appliquons alors la formule. La longueur occupée = 20 x 0,4 = 8 m.

On sait aussi que 1 m plancher linéaire = 1790 kg.

La masse totale correspondante donne : 8 x 1790 = 14 320 kg = 14,32 tonnes.

Je récapitule pour vous ces 3 calculs ci-dessus : la masse réelle = 3,3 t, masse fictive = 11,65824 t et masse au mètre plancher linéaire = 14,32 t.

Nous avons donc obtenu 3 masses. Pour opérer un choix, appuyons-nous sur la théorie du fret routier. Cette théorie met le fret à l’avantage du transporteur.

Dans ces conditions, la masse retenue représente la masse la plus élevée.

Dans notre cas, il s’agit de la masse au mètre plancher linéaire = 14,32 t.

Je viens de choisir pour vous la masse utile pour la tarification du fret routier.

J’espère que vous avez bien compris la démarche de cette étape.

Passons tout de suite à la deuxième étape. Elle très importante dans ce processus du calcul du fret routier.

2 – LE CALCUL DU FRET ROUTIER AVEC LE TARIF DÉGRESSIF

Ce calcul nécessite la prise en compte du tarif général des compagnies routières. C’est un tarif par tranche de masse rapidement dégressif. Je vous présente un exemple de tarif général.

Exemple de tarif dégressif pour calculer le fret routier et appliquer la règle du ''payant pour''.
Tarif dégressif du calcul du fret routier

Après la présentation du tarif général, passons au calcul du fret brut routier.

Un peu plus haut, nous avons déterminé la masse retenue pour la tarification de l’envoi. Utilisons donc cette masse.

Ainsi, nous avons enregistré 14,32 tonnes. Cette masse appartient à la tranche [10 t – 14,99 t [. Le prix unitaire de cette tranche est 43,78 EUR. Alors, le fret correspondant est  = 14,32 x 43,78 = 626,9296 EUR

A présent, nous savons calculer le fret routier. Ce n’est pas fini. Il reste l’application de la ‘’règle du payant pour. Pourquoi cette règle est-elle importante ?

L’étape 3 vous donne la réponse.      

3 – APPLICATION DE LA REGLE  ‘’ PAYANT POUR’’ DU FRET ROUTIER

Deux camions de transport routier de marchandises

La ‘’règle du payant pour’’ met le fret à l’avantage du chargeur. Cette règle consiste à calculer le fret sur la masse minimale de la tranche immédiatement supérieure. On applique alors le prix la tonne correspondante.

Appliquons maintenant cette règle en prenant les 14,32 t.

Cette règle est-elle applicable pour l’expédition ?

Oui, elle est applicable. Nous avons ici une tranche immédiatement supérieure. Elle est [15 t; 19,99 t [.

Dans ces conditions, prenons la masse minimale de cette tranche (15 t).

Le fret correspondant est = 15 x 40,96 = 614,4 EUR. Ici, nous avons obtenu deux frets :

– le fret routier normal calculé (626,9296 EUR),

– le fret routier obtenu en appliquant la ‘’règle du payant pour’’ (614,4 EUR).

Lorsqu’on considère ces deux frets, les 614,4 EUR sont avantageux pour le chargeur. Car, les 614,4 EUR sont inférieurs aux 626,9296 EUR.

Le fret retenu est donc 614,4 EUR.

Vous voyez, cette tarification est très simple. Mais, elle n’est pas plus simple que la tarification maritime.

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CALCUL DU FRET EN CONTENEUR MARITIME

Le calcul du fret en conteneur maritime mérite une attention particulière. Car, la conteneurisation constitue aujourd’hui une technologie importante.

En réalité, cette conteneurisation représente 80% du trafic de marchandises.
Vous voyez ! La presque totalité des marchandises voyage en conteneur.
C’est pourquoi, j’ai décidé de vous expliquer la méthode de calcul du fret maritime en conteneur.

Avant de vous montrer la méthode de calcul du fret maritime en conteneur, parlons maintenant de conteneurisation.

Quels sont les avantages de la conteneurisation ?

Conteneurisation maritime des marchandises diverses
Plateforme de conteneurs maritimes

La conteneurisation permet de mettre les marchandises les plus diverses dans des conteneurs. Cette opération de mise en conteneur allège l’emballage et le conditionnement.
Elle élimine aussi les ruptures de charges. Ces ruptures entrainent très souvent des manutentions brutales. Cette brutalité représente un danger pour vos marchandises emballées.

En plus, la conteneurisation s’adapte à tous types de transport (maritime, ferroviaire, routier, fluvial et aérien).
Elle permet en outre de diminuer les vols.

Cependant, il est important pour vous d’intégrer la notion d’incompatibilité de masse, nature et de forme des marchandises chargeable dans un même conteneur.

Je viens de vous expliquer l’importance de la conteneurisation pour vos marchandises.

Etudions maintenant le calcul du fret des marchandises conteneurisées.

A ce niveau, nous distinguons deux cas :
–  premier cas concerne le calcul du fret maritime en conteneur complet (FCL),
–  deuxième cas intègre le calcul du fret maritime en conteneur de groupage (LCL).

Commençons notre analyse par le premier cas.

1 – CALCUL DU FRET EN CONTENEUR MARITIME COMPLET (FCL)

Transport d'un conteneur complet (FCL)
Transport d’un conteneur maritime complet

Le calcul du fret maritime en conteneur complet (FCL) comprend deux étapes :
– Etape 1 : détermination du fret de base,
– Etape 2 : calcul du fret net tenant compte des correctifs

Démarrons par la première étape.

1.1 Etape 1 : détermination du fret maritime de base

Le fret de base en conteneur complet se calcule ‘’à la boîte’’.

Pour mieux cerner ce type de calcul, prenons un exemple.

1.1.1 Exemple

Un chargeur envoie 5 conteneurs complets (FCL) de 20 pieds. La masse unitaire représente 16 tonnes.

Par ailleurs, le tarif maritime est égal à 2 000 USD le conteneur complet.

Ainsi, nous avons les données pour déterminer le fret de base. Calculons donc ce fret de base.

Avant d’effectuer le calcul, je vous montre la formule.
Le fret de base = Tarif maritime unitaire x le nombre de conteneurs.

Appliquons maintenant cette formule.

1.1.2 Application

Le fret de base est donc = 2 000 x 5 = 10 000 USD.
Nous venons de calculer le fret de base.

Passons maintenant à l’étape 2 pour calculer le fret net maritime en conteneur complet.

1.2 Etape 2 : calcul du fret net maritme tenant compte des correctifs

Pour réaliser ce calcul, nous retenons les correctifs suivants : BAF, CAF et CSP. Complétons le libellé de l’exemple précédent avec ces correctifs chiffrés.

1.2.1 Suite de l’exemple précédent

Les correctifs conjoncturels de l’exemple de l’étape 1 sont donc : BAF (3%) ; CAF (4%) ; CSP (2%)
On sait que le fret de base = 10 000 USD. Calculons le fret net maritime en conteneur.

Nous avons déjà donné la formule du fret net maritime dans l’article relatif au calcul du fret net maritime en conventionnel. Je vous la présente.
Fret net maritime = Fret de base + BAF + CAF + CSP

Pour déterminer ce fret, nous effectuons un calcul en cascade. Dans cet article, nous n’allons pas utiliser cette méthode. Nous allons plutôt prendre la formule de vérification. Elle se présente de la manière suivante :
Fret net maritime en conteneur complet = Fret base (1+taux BAF)(1+taux CAF)(1+taux CSP)

Chiffrons maintenant cette équation

1.2.2 Application numérique

Fret net maritime en conteneur complet = 10 000 (1+3%)(1+4%)(1+2%)
Fret net maritime = 10 000 x 1,03 x 1,04 x 1,02 = 10 926,24 USD
Je viens de vous étaler la méthode de calcul du fret net maritime en conteneur complet. Nous avons aussi vu le calcul du fret net maritime en conventionnel avec ma chaine YouTube.

La différence entre ces deux types de calcul se situe au niveau du fret de base. En effet, le fret de base du transport maritime en conventionnel est fonction de l’UP.

Or, celui du transport maritime en conteneur complet tourne autour d’un forfait appliqué au conteneur.

Vous voyez très bien la différence.

Ne partez pas !

J’examine pour vous le deuxième cas : le calcul du fret maritime en conteneur de groupage (LCL).

2 – LE CALCUL DU FRET MARITIME EN CONTENEUR DE GROUPAGE (LCL)

Manutention de conteneurs maritimes de groupage
Manutention de conteneurs maritimes

Le calcul du fret maritime en conteneur de groupage est identique à celui du transport maritime en conventionnel. Cependant, ce type de fret exige un minimum de tarification par conteneur. Ce minimum varie en fonction des lignes.

Par ailleurs, le calcul du fret maritime en conteneur de groupage englobe 3 étapes :
– Détermination de l’UP (Unité Payante),
– Calcul du fret de base,
– Calcul du fret net tenant compte des correctifs.

Appliquons ces 3 étapes avec un exemple.
Un chargeur envoie 4 palettes de marchandises dans un centre de groupage pour une exportation. Chaque palette pèse 1 100 kg et a un volume de 1 200 dm³.
Le fret de base = 4 000 USD l’UP; BAF (-3%); CAF (5%); CSP (3%); Ristourne (4%)

Débutons par l’étape 1

2.1 Etape 1 : Détermination de l’UP (Unité Payante)

Volume = 1 200 dm³ = 1,2 m³
Le volume total = 1,2 x 4 = 4,8 m³
Masse = 1 100 kg = 1,1 t
La masse totale = 1,1 x 4 = 4,4 t
L’UP est le m³ et le nombre d’UP est 4,8; car
4,8 ˃ 4,4. Le fret est mis à l’avantage du transporteur.

Après la détermination de l’UP et du nombre d’UP, passons maintenant à l’étape 2 afin de calculer le fret de base.

2.2 Etape 2 : Calcul du fret de base

Le fret de base = 4,8 x 4 000 = 19 200 USD
Nous venons de déterminer le fret de base.

Examinons maintenant le calcul du fret net en conteneur de groupage dans l’étape 3.

2.3 Etape 3 : Calcul du fret net en conteneur

Pour déterminer ce fret, nous effectuons un calcul en cascade. Dans cet article, nous n’allons pas utiliser cette méthode. Nous allons plutôt mettre en œuvre la formule de vérification. Elle se présente de la manière suivante :
Le fret net = Fret base (1+taux BAF)(1+taux CAF)(1+taux CSP)(1-taux Ristourne)

Appliquons cette formule maintenant.
Fret net = 19 200 (1-3%)(1+5%)(1+3%)(1-4%)  = 19 200 x 0,97 x 1,05 x 1,03 x 0,96
Fret net = 19 336,2 USD

Nous venons d’expliquer la méthode de calcul du fret net en conteneur (FCL et LCL).

Vous constatez avec moi que ce calcul est simple pour ceux qui maitrisent celui du transport maritime en conventionnel.

Je vous invite à consulter les 2 vidéos relatives aux calculs que je viens de réaliser pour vous. Je mets à votre disposition le lien vers ces vidéos :
Comment calculer le fret net maritime en conteneur complet ?
Comment calculer le fret net maritime en conteneur de groupage ?

Pour finir, je vous remercie pour votre patience et attention particulière.
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INCOTERMS 2010 ET 2020

Commerce international
Commerce international : Incoterms 2010

Les INCOTERMS 2010 mettent en avant la notion de prix de vente de la marchandise au niveau l’international.

Comment fixez-vous ce prix ? Quels sont les charges prises en compte dans le prix de vente ? Qui est responsable de la marchandise tout au long du parcours ?
Autant de questions que vous vous posez.

Justement, les INCOTERMS 2010 répondent à ces préoccupations.
Partant de ces questions, je vous assure, ils règlent des problèmes.

Malheureusement, ces termes sont facultatifs. Ce caractère facultatif n’entame en rien la valeur de ces INCOTERMS 2010.

Qui est à l’origine de ces termes si importants ?

La CCI (Chambre de Commerce International) est l’initiatrice des INCOTERMS. En effet, elle a créé la première version des INCOTERMS en 1936.

Par ailleurs, ces termes facilitent les échanges commerciaux entre les exportateurs et importateurs.

Aujourd’hui, ces INCOTERMS 2010 règlent trois problèmes : transfert des charges, risques et de documents.

Ne vous inquiétez pas. Je développerai pour vous ces notions un peu plus loin dans cet article.

Nous avons beaucoup plus utilisé le terme ‘’INCOTERMS’’ plus haut.

Que signifie donc INCOTERMS ?

1 – DEFINITION DU MOT INCOTERMS

INCOTERMS signifie : International Commercial TERMS.
Ces INCOTERMS constituent des contrats internationaux de vente entre l’exportateur et importateur.

Je suis certain que vous voulez noter ces Incoterms version 2010. Prenez ces onze termes : EXW, FAS, FOB, FCA, CFR, CPT, CIF, CIP, DAT, DAP et DDP.

Voulez-vous avoir la signification de ces termes ?

Ne vous inquiétez pas. Je vous les livre.

Avant de donner ces informations, sachez que certains INCOTERMS 2010 seront supprimés et d’autres créés en 2020. Je mets à votre disposition ce vaste projet de la CCI à la fin de cet article.

Continuons notre étude relative aux INCOTERMS 2010. Ils sont toujours valables.

2 – LA SIGNIFICATION DES INCOTERMS 2010

Pour bien organiser cette signification, je considère les incoterms maritimes et les incoterms polyvalents.

Commençons cette étude par les Incoterms maritimes. Il en existe quatre : FAS, FOB, CFR et CIF.

2.1 Les incoterms 2010 exclusivement maritimes

Incoterms 2010 du transport maritime
Incoterms 2010 du transport maritime

2.1.1 Signification de l’Incoterm FAS

FAS signifie: Free Along Side Ship…named port of shipment. Qui veut dire : Franco le long du navire…port d’embarquement convenu.

Le sigle nous livre déjà plusieurs informations. Patientez la suite montrera ces informations.
Pour le moment, on se contente de définir ces Incoterms. Pour cela, traitons aussi FOB.

2.1.2 Signification de l’Incoterm FOB

FOB veut dire: Free On Board…named port of shipment. En français, on obtient : Franco à bord… port d’embarquement convenu.
Après cette signification, définissons CFR.

2.1.3 Signification de l’Incoterm CFR

CFR équivaut à: Cost and Freight…named port of destination. En français, nous avons: Coût et fret…Port de destination convenu.
Enfin, traitons le dernier incoterm maritime : CIF

2.1.4 Signification de l’Incoterm CIF

Comme précédemment, CIF signifie : Cost Insurance and Freight… named port of destination. La traduction française est : Coût assurance et fret… Port de destination convenu.
Je viens de vous présenter la signification des Incoterms exclusivement maritimes.

Suivez-moi. Je vous entretiens également concernant les Incoterms polyvalents.

2.2 Les incoterms 2010 polyvalents

Incoterms 2010 : tous modes de transport
Incoterms 2010 : tous modes de transport

Nous dénombrons sept termes. Il s’agit de FCA, EXW, CPT, CIP, DAT, DAP et DDP.
Comme précédemment, donnons le sens de ces termes.

2.2.1 Signification de l’Incoterm EXW

Le sigle nous donne : Ex Works…named place. Cela veut dire en français : à l’usine…lieu convenu.
Abordons maintenant le deuxième terme : FCA

2.2.2 Signification de l’Incoterm FCA

Le terme FCA mentionne : Free Carrier…named place. En français, nous avons : Franco transporteur…lieu convenu.

Après FCA, évoquons CPT

2.2.3 Signification de l’Incoterm CPT

Incoterms 2010 du transport ferroviaire
Incoterms 2010 du transport ferroviaire

CPT signifie: Carriage Paid To…named place of destination. Pour la langue française, nous avons : Port payé jusqu’à…lieu de destination convenu.

La notion de port payé renvoie au fret payé. Mon article précédent développe le calcul du fret aérien et maritime. Je vous invite à consulter ces deux articles en suivant les liens ci-dessus.

Le terme suivant (CIP) est très proche de CPT. La différence se situe au niveau de l’assurance. Il s’agit d’ajouter le mot assurance à la signification de CPT. Cela nous donne le résultat suivant :

2.2.4 Signification de l’Incoterm CIP

CIP signifie : Carriage Insurance Paid To…named place of destination. En français, nous avons : Port payé assurance comprise jusqu’à…lieu de destination convenu.

Tous ces INCOTERMS 2010 que nous venons de traiter sont des INCOTERMS de vente au départ. Il reste ceux de la vente à l’arrivée. Il s’agit de la famille D. Ces INCOTERMS de cette famille sont aussi polyvalents. Je l’ai déjà évoqué plus haut.

Je mets à votre disposition la signification de ces trois termes de la famille D. (DAT, DAP et DDP).

Commençons par DAT.

2.2.5 Signification de l’Incoterm DAT

DAT donne: Delivered At Terminal…named place of destination. Cela équivaut à : rendu au terminal…lieu de destination convenu.
Passons maintenant au terme suivant : DAP

2.2.6 Signification de l’Incoterm DAP

DAP signifie: Delivered At Place…named place of destination. En français, nous avons : rendu à la place…lieu de destination convenu.

Ne partez pas. Il reste le dernier : DDP.

2.2.7 Signification de l’Incoterm DDP

Le sigle DDP forme: Delivered Duty Paid…named place of destination. La traduction française donne : rendu droits acquittés…lieu de destination convenu.

Je viens de vous présenter la signification des onze termes. Ce n’est tout.

Suivez-moi.
Je vous explique deux points importants relatifs aux INCOTERMS 2010 :
– Les objectifs,
– L’intérêt de ces termes.

Commençons par les objectifs des INCOTERMS.

3 – LES OBJECTIFS DES INCOTERMS 2010

Ces INCOTERMS 2010 présentent trois objectifs.

Je vous montre le premier.
Ce premier consiste à établir une série de relations à caractère facultatif. Il vise la précision de l’interprétation des principaux termes utilisés dans les contrats de vente à l’étranger.

Le deuxième objectif concerne la mise à la disposition des opérateurs d’un instrument technique. Cet instrument permet d’éliminer les principales causes de conflits.

Quant au dernier objectif, il met en valeur la détermination des obligations et responsabilités de chaque partie. Ces obligations et responsabilités concernent l’expédition des marchandises et la réalisation du contrat de vente.

Vous voyez ! Les objectifs poursuivis par ces Incoterms sont nobles. En effet, l’utilisation des Incoterms 2010 élimine les risques de conflit entre l’exportateur et l’importateur.

En dehors de ces objectifs, les Incoterms 2010 montrent 3 intérêts essentiels : transfert des frais, risques et de documents.

4 – LES INTERETS DES INCOTERMS 2010

Je vous ai montré plus haut les 3 intérêts des Incoterms 2010.

Etudions-les maintenant.
Pour mieux les aborder, je vais les traiter par famille de lettres alphabétiques.
Ainsi, nous avons les familles suivantes : E, F, C et D.

Pourquoi ces lettres alphabétiques ?
Il s’agit des premières lettres des INCOTERMS.
Par exemple la famille F. Dans ce cas, nous avons FCA, FAS et FOB.

D’ailleurs, j’ai une vidéo YouTube qui développe cette classification : comment mémoriser les INCOTERMS 2010 ?

Commençons cette étude par la famille E.

4.1 La famille E

Dans cette famille, nous avons un seul INCOTERM : EXW.

Pour cet INCOTERM, je traite pour vous les trois éléments annoncés plus haut : transfert des charges, risques et documents.

Ces trois transferts s’effectuent dans les locaux de l’exportateur. En effet, le vendeur emballe la marchandise et la met à la disposition de l’acheteur dans ses propres locaux. Il se dégage de toute responsabilité vis-à-vis de la marchandise.

Concernant les documents, l’exportateur lui remet la facture commerciale et la liste de colisage.

Ces deux documents attestent que le vendeur a accompli ses obligations. Ils prouvent qu’il a livré la marchandise conformément au contrat EXW.

Quelles sont les implications du choix de cet INCOTERM concernant les deux parties ?
Dans ce cas, le vendeur n’obtient que des avantages. En effet, il a un minimum d’obligations.

Contrairement au vendeur, l’importateur a un maximum de responsabilité concernant la marchandise. Il doit tout mettre en œuvre pour que la marchandise soit dans ses locaux.

Par ailleurs, l’acheteur accepte EXW, car il a une maitrise de la logistique internationale. Il veut aussi maitriser son coût de revient. En effet, il a la possibilité de bien négocier le fret et l’assurance pour réduire son coût de revient.

Cependant, il s’expose aux risques d’avaries lors de l’acheminement international.

Avez-vous bien compris le fonctionnement de la famille E ? Je sais que la réponse est oui.
Dans ce cas, suivez-moi dans l’analyse du groupe F

4.2 La famille F

Pour ce groupe, le vendeur a beaucoup plus de responsabilité relative à l’expédition contrairement au groupe E. Mais, il n’assume pas le transport international et l’assurance.

De quoi s’agit-il concrètement ?
Pour répondre à cette question, j’analyse pour vous les 3 INCOTERMS de cette famille.

Commençons par FAS

4.2.1 FAS

Du point de vue transfert des risques et charges, l’exportateur doit déposer la marchandise le long du navire désigné par l’importateur au port de départ.

Après cette opération, le vendeur n’a plus de responsabilité vis-à-vis de la marchandise. Le reste des actions appartient à l’acheteur.

Concernant le transfert de documents, le vendeur remet à l’acheteur la facture commerciale la liste de colisage et le document d’exportation.

Pour quelles raisons les deux parties optent-elles pour cet INCOTERM ?

Afin de répondre à cette question, plaçons-nous du côté du vendeur.

Ce dernier ne souhaite pas prendre en compte le transport principal, l’assurance et surtout le dédouanement import. Certainement, il n’a pas la maitrise de ces opérations.

Quant à l’acheteur, il opte pour la maitrise des coûts liés à la logistique internationale afin de réduire son coût de revient.

Cela revient à dire qu’il a les moyens financiers et matériels d’y faire face.

Analysons maintenant FOB

4.2.2 FOB

Pour FOB, le transfert des charges et risques a lieu à bord du navire au port d’embarquement. Dans ces conditions, la différence entre FOB et FAS est l’acconage export.

Par conséquent, le raisonnement effectué dans le cadre de FAS est valable pour FOB.
Cependant, le vendeur doit donner à l’acheteur plus de documents. En effet, il doit remettre les documents pris en compte dans FAS, mais aussi le connaissement maritime (B/L : Bill of Lading).

Pour cette famille F, il reste FCA. Analysons-le.

4.2.3 FCA

Dans ce groupe, FCA est le seul INCOTERM polyvalent ou tout mode de transport. Ainsi, les opérateurs économiques peuvent l’utiliser en maritime, aérien ou terrestre.

Laissez-moi développer cet INCOTERM polyvalent pour vous.

Précédemment, j’ai pris en compte trois types de transfert : charges, risques et documents.

Du point de vue charges et risques, l’exportateur doit tout mettre en œuvre pour remettre la marchandise au premier transporteur. Après cette opération, il n’a plus de responsabilité concernant la marchandise.

L’importateur, quant à lui, doit acheminer la marchandise dans ses locaux. Ainsi, les deux transferts ont lieu après la remise de la marchandise au transporteur.

Quant aux documents, le vendeur remet à l’acheteur : la facture commerciale, le document d’exportation et le document de transport (le B/L en maritime ou la lettre de transport aérien en aérien ou lettre de voiture en terrestre).

Après l’étude de la famille F, passons maintenant au groupe C.

4.3 La famille C

Pour cette famille, les charges sont reportées au lieu de destination après le transport principal.

C’est pourquoi on qualifie cette famille de la manière suivante : ‘’transport principal acquitté et assurance pas toujours acquittée’’ par le vendeur.

De quoi s’agit-il concrètement ?
Pour répondre à cette question, je développe pour vous les quatre INCOTERMS de cette famille : CFR, CPT, CIF et CIP.

Débutons par l’étude de CFR.

4.3.1 CFR

Pour cet INCOTERM, le vendeur paie le transport principal et ne paie pas l’assurance.
Cette différenciation concerne le transfert des charges.

Concernant le transfert des risques, le vendeur transfert les risques à l’acheteur au départ. Ce transfert a lieu après la mise de la marchandise à bord du navire.

Pourquoi le vendeur et acheteur optent pour CFR ? Quelles sont donc les raisons du choix ?
Pour répondre à cette question, commençons par le vendeur.
Il ne veut pas supporter les risques liés au transport principal. Mais, il accepte de payer le fret. Il a certainement la maitrise de la logistique internationale.
En outre, il veut éviter la gestion des avaries éventuelles.

Quant à l’acheteur, il accepte CFR pour plusieurs raisons. En effet, l’importateur prend en charge l’assurance. Car, il maitrise cette charge. Il n’a certainement aucune maitrise du transport principal. Voilà pourquoi, il laisse cette initiative à l’exportateur.

Concernant la gestion documentaire, le vendeur remet les documents cités dans le cadre de FOB à l’importateur.

Je viens de vous expliquer CFR. Je vous relate maintenant CIF.

4.3.2 CIF

Mon raisonnement relatif à CFR est valable pour CIF sauf la notion d’assurance. En effet, l’exportateur CIF paie l’assurance pour le compte de l’importateur.

L’exportateur accepte de payer cette assurance, car il a une expérience et expertise concernant cette assurance. Mais, ne souhaite pas supporter les risques liés au transport maritime.

Quant à l’importateur, il assume les risques. Il a certainement une maitrise de la gestion des avaries. Mais, il évite de prendre en charge le transport principal et l’assurance.

Cela revient à dire qu’il n’a aucune maitrise et expérience en matière de logistique internationale et assurance.

Concernant les documents, le vendeur fournit non seulement les documents cités plus haut mais également le certificat d’assurance à l’acheteur.

Patientez, il reste CPT et CIP. L’étude de ces deux INCOTERMS est rapide.

Pourquoi cette rapidité ?

C’est simple. Suivez-moi dans ma démarche.

4.3.3 CPT et CIP

Ici, j’utilise la comparaison pour montrer la rapidité annoncée. En effet, CPT et CFR sont des INCOTERMS équivalents. Cela est aussi vrai pour CIP et CIF. Mes deux analyses précédentes sont valables pour ces deux INCOTERMS.

Vous voyez. Nous tendons vers la fin de notre étude.

Ne partez pas, il reste le groupe D. Il n’y a que trois INCOTERMS : DAT, DAP et DDP.

4.4 La famille D

Pour cette famille, le transfert des charges et risques a lieu dans le pays d’importation.

Démarrons avec DAT.

4.4.1 DAT

Dans ce cas, l’exportateur supporte les charges et risques jusqu’à la mise de la marchandise au terminal.

Pourquoi l’acheteur et vendeur choisissent DAT ?

L’exportateur opte pour cet INCOTERM, car il maitrise le transport principal et l’assurance. Il a aussi une expertise en matière d’avaries.

Contrairement au vendeur, l’importateur ne veut pas supporter de risques et charges jusqu’au terminal. Il n’a certainement pas d’expertise concernant la logistique internationale et aussi la gestion de risque d’avaries. Il accepte cependant de prendre en compte le dédouanement et post-acheminement.

Du point de vue documentaire, l’exportateur remet à l’importateur les documents suivants : facture commerciale, liste de colisage, certificat d’assurance, document de transport et le document de déchargement.

Ne partez pas. Il nous reste deux termes seulement : DAP et DDP
Etudions maintenant DAP.

4.4.2 DAP

Pour cet INCOTERM, le vendeur transfère les charges et risques à l’acheteur dans les locaux de ce dernier.

Pourquoi ces deux parties optent-elles pour DAP ?

L’exportateur choisit cet INCOTERM, car il maitrise le transport national et international. Il a aussi une expertise relative aux avaries et assurance. Mais, il évite la douane import.
Il met donc cette opération douanière à la charge de l’importateur.

Quant à l’acheteur, il ne veut rien prendre en charge sauf la douane import. Il a certainement des insuffisances concernant les charges prises en compte par le vendeur.
Ce dernier remet les documents cités dans DAT plus le document de post-acheminement à l’acheteur.

Ouf ! Nous avons fini. Mais, il reste DDP. Son étude est simple.

4.4.3 DDP

La différence entre DDP et DAP est la douane import. Mon analyse précédente est valable pour cet INCOTERM.

Cependant, le vendeur prend en compte toutes les charges et risques jusqu’au domicile de l’importateur. Dans ce cas, l’acheteur n’assume aucun risque et charge sauf le déchargement du camion dans ses propres locaux.

Le vendeur DDP donne non seulement les documents pris en compte dans DAP, mais également la preuve des droits et taxes de douane acquittés.

Ce n’est pas tout.

Un peu plus haut, j’ai annoncé des innovations relatives aux INCOTERMS 2010.

Voulez-vous avoir ces changements ?
Ils sont présents devant vous : projet d’INCOTERMS 2020.

5 – PROJET D’INCOTERMS 2020

Je vous montre un résumé de ces innovations.
Commençons par les INCOTERMS à supprimer. Nous en avons 3 : EXW, FAS et DDP.

En dehors de ces suppressions, nous avons FCA déplié en deux INCOTERMS :
– FCA 1 pour la livraison terrestre,
– FCA 2 pour la livraison maritime.

Attendez, ce n’est pas tout. Nous avons FOB et CIF pour le transport maritime conteneurisé. Ces deux INCOTERMS sont dans la version 2010 destinés au transport maritime en conventionnel.

Patientez encore. J’ai d’autres révélations. Comme FCA, DDP sera déplié :
– DTP (Delivered at Terminal Paid) : Lorsque la marchandise est livrée dans un terminal (port, aéroport, centre de transport, etc.) dans le pays de l’acheteur,
– DPP (Delivered at Place Paid) : Lorsque les marchandises sont livrées dans un lieu autre qu’un terminal de transport (par exemple à l’adresse de l’acheteur).

Enfin, la CCI a prévu la création d’un nouveau terme : CNI (Cost and Insurance). Il couvrirait l’écart qui existe entre la FCA et CFR/CIF.

Pour plus d’Informations, suivez ce lien.

Pour finir, je vous remercie pour votre patience et attention particulière.

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